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Activités collectives et bien-être

La vie au Centre Gutenberg

« Malgré sa réalité matérielle, le corps ne peut être dissocié de tout ce qui l’inscrit dans la culture et le langage. Jacques Saliba (Le corps et les constructions symboliques)

Dans le cadre des activités proposées au centre Gutenberg, le corps se manifeste d’abord par sa présence ou par son absence.

Aux extrêmes, il y a celles et ceux qui participent à tout, et celles et ceux qui ne participent à rien. De même, l’absence des jeunes pourtant inscrits, et la présence d’autres, non- inscrits, pose souvent question.

Les jeunes qui viennent à toutes les activités sont souvent isolés, ils n’ont que peu, voire pas du tout, d’activité professionnelle, et par conséquent, leurs revenus sont moindres. Ceux qui ne viennent jamais sont soit très autonomes, soit en rupture avec l’institution, soit sujets à des troubles psychologiques.

Quant aux autres, régulièrement absents, de même que ceux qui viennent sans s’être inscrits, ils ont souvent du mal à s’organiser, à se repérer dans le temps, à définir des priorités, voire à communiquer.

Plusieurs dimensions corporelles sont présentes dans chaque activité, et toutes intègrent les aspects sociaux et culturels du langage du corps.

Par exemple, lors d’une sortie au cinéma, il convient d’abord de se déplacer ; c’est ensuite une activité qui sollicite la vue et l’ouïe, et qui suscite des émotions ; il faut enfin rester assis (et discret) durant toute la séance.

La participation à un repas suppose aussi de rester à table durant un temps déterminé ; tous les sens sont sollicités ; paroles et silences rythment aussi le cours du repas aussi bien que la succession des plats.

Pour prendre soin de son corps, il faut en avoir conscience. Être attentif aux sensations et aux émotions qui le traversent et l’animent ne va pas de soi pour beaucoup de jeunes du centre Gutenberg – qui souvent ne savent pas y mettre des mots.

Or, expérimenter est le propre des activités collectives. L’animateur est un guide qui oriente l’attention des jeunes, et la dimension collective motive parfois la prise de conscience des uns (s’identifiant aux autres).

En 2017, avec une intervenante spécialisée, j’ai proposé aux jeunes des ateliers d’expression dans le cadre d’une action prévention et de réduction des risques. Beaucoup de jeunes sont venus au premier atelier et y ont franchement participé, puis ils sont venus de moins en moins. Ici, la dimension collective n’était sans doute pas adaptée.

Néanmoins, j’ai maintenu par la suite des ateliers permettant de se concentrer : coloriage de mandalas, bracelets brésiliens, etc.

Beaucoup de jeunes y ont participé et y ont trouvé une forme de bien-être, mais lorsque j’ai nommé ces ateliers « Bien-être », les jeunes les ont immédiatement déserté, si bien que j’ai fini par les qualifier de « créatifs », ce qui a entraîné un regain de participation.

Le choix des mots et leur sens est déterminant pour ce jeune public accueilli en institution ; on ne parle pas du corps ou très peu, on le montre, certes, mais on n’y prend pas ou peu garde.

Thiery SALAÜN, animateur

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